Sub-Regional Conference on Female Genital Mutilation, "Towards a political and religious consensus against FGM" - Media Coverage

Agence Djiboutienne - Djibouti, 2-3 February 2005

Agence Djiboutienne
 
02 février 2005

  • LUTTE CONTRE LES MGF: LANCEMENT DE LA CONFERENCE SOUS-REGIONALE
    Sous le haut patronage de la Première Dame du pays et Présidente de l’Union Nationale des Femmes Djiboutiennes (UNFD), la conférence sous-régionale sur l’élimination des Mutilations Génitales des Féminines ( MGF) s’est ouvert ce matin au Palais du Peuple. Ont pris part entre autres à cette conférence, le ministre de la Santé, le Dr.Kamil, la Représentante résidente du PNUD, Mme Gasarabwe ainsi qu’un parterre d’officiels.
    Cette conférence régionale, la troisième du nom après ceux du Caire et de Nairobi a vu la participation de plusieurs pays de la région, notamment la Somalie, l’Ethiopie, l’Egypte, le Kenya, le Soudan mais aussi des pays de l’Afrique de l’Ouest tels que le Sénégal et le Mali, qui ont tous délégué des représentants ministériels, a pour objectif l’élimination de ces pratiques en Afrique de l’Est.
    Financée par l’ONG ‘No Peace Without Justice‘, les organisateurs de ces assises se sont assignés comme, la rectification du Protocole de Maputo par le Gouvernement de Djibouti et l’officialisation d’un consensus religieux contre la pratique des mutilations génitales, mais le point de mire reste bien d’infléchir enfin les comportements. Les Mutilations Génitales Féminines englobent notamment tout opération qui implique l’ablation totale ou partielle sur les organes génitaux féminins pour des raisons culturelles ou toutes autres n’ayant aucune indication thérapeutique. Les principales complications liées aux MGF sont entre autres des hémorragie pouvant entraîner la mort, le Tétanos, le Sida ou des complications pouvant entraîner la mort chez la mère ou le bébé pendant l’accouchement.
    Dans le monde, aujourd’hui, près de 130 millions de filles et de femmes ont subi des MGF. Les MGF sont pratiquées dans 28 pays d’Afrique et touchent environ 75 millions de filles et de femmes.
    Pour Djibouti, et principalement au cours des dernières années, les initiales anti-MGM se sont multipliées. Dés 1993, le gouvernement modifiait le Code Pénal, pour alourdir les peines requises contre ceux qui pratiquent les mutilations. S’en suivaient une longue série d’actions de sensibilisation, sous la houlette du Programme de Santé Reproductive, de l’Union Nationale des Femmes Djiboutiens et de Coopération impliquées dans la lutte. Une mobilisation générale, un travail de tous les instants qui ont mené notamment aux nombreuses reconversions d’anciennes exciseuses et à un certain décloisonnement su sujet, un peu moins tabou au fil du temps.

03 février 2005

  • MUTILATIONS GENITALES FEMININES: DJIBOUTI, CAPITALE REGIONALE DE LA LUTTE CONTRE LES MGF
    C'est au Palais du Peuple que s'est ouverte hier, la conférence sur l'élimination des Mutilations Génitales Féminines (MGF) qui a regroupé des leaders politiques et religieux venus de la région et de l'Afrique de l'Ouest.
    Organisée sous le haut patronage de la Première Dame , Mme Kadra Mahamoud Haïd et mise sur pied par l’UNFD et l'ONG International " No peace without justice", l’objectif de cette conférence est bien sûr de parvenir à un consensus politique et religieux sur cette question qui divise les oulémas.
    Dans une importante allocution prononcée à l'occasion de la cérémonie d'ouverture, la Première Dame et présidente de l'Union Nationale des Femmes Djiboutiennes, Mme Kadra Mahamoud Haïd a indiqué que “ les mutilations génitales féminines ne sont malheureusement pas encore révolues, malgré un recul notable ”. La Première Dame du pied a par ailleurs précisé que “ bien que les mutilations génitales ne soient pratiquées dans l'intention de nuire aux enfants, les effets néfastes qu'elles entraînent en font un acte violent ”.
    Mme Kadra Mahamoud Haïd n'a pas manqué de signaler que “ dans la plupart des sociétés islamiques, la femme n'a pas bénéficié du droit qui lui est accordé par la charia, de même que les circonstances ne lui ont pas permis d'assumer sa fonction sociale comme l'exigent la cohésion de la société ”.
    Elle a conclut son propos en ces termes en déclarant notamment que “ nous considérons que ces mutilations génitales, résultant de périodes de déclin culturel et régressions de la civilisation, sont contraires au référentiel islamique bien qu'elles se soient ancrées dans certains esprits et d’ajouter qu’il est temps pour nous aujourd'hui, au moment où nous aspirons à fonder la modernité et le renouveau sur des bases solides où nous oeuvrons sincèrement pour le progrès de nos sociétés, de corriger cette situation avec la pondération et la sagesse nécessaire et de la redresser en recourrant à la raison et à l'argumentation convaincante ”.
    Parmi les orateurs qui se sont succédés à la tribune à l'occasion de cette journée d'ouverture de la Conférence sous régionale sur l'abandon des Mutilations Génitales Féminines, Mme Emma Bonino, la présidente et fondatrice de l'ONG " No peace Without justice " qui a d'emblée fait constater à l'assistance que les choses évoluent. “ Elles évoluent rapidement selon elle, mais autant de chemin parcouru, en si peu de temps, ne doit pas occulter notre destination finale (…) car nous devons en être certains, l'époque de l'impunité et de l'ignorance est aujourd'hui révolue ”.
    Et d'ajouter que “ la guerre contre les MGF ne s'arrêtera pas avec cette conférence. Au contraire, le combat commence peut-être aujourd'hui ”.
    Le ministre de la santé a, quant à lui, indiqué que “ l'humanité, notre continent, notre sous région ont déjà payé un lourd tribut à ces coutumes d'un autre âge. Ces pratiques ignobles, indignes de l'homme défient la raison, l'objectivité et aussi l'affection que nous portons à nos femmes, soeurs et filles. Des millions de femmes sont : handicapés, voyant leur avenir sérieusement compromis. Des millions en sont mortes. Le tableau est sombre, les statistiques sont têtues, si le nécessaire n'est pas fait, le désastre se poursuivra ”.
    La représentante résidente du PNUD et coordinatrice des activités du système des Nations Unies a quant à elle rappelé qu' “ en 2002, la session spéciale sur les enfants de l'Assemblée Générale des Nations Unies a accouché d'un document signé par 69 chefs d'Etat et de gouvernement, avec la participation des délégués des jeunes du monde entier ”. Dans ce document, il est stipulé de mettre fin aux Mutilations Génitales Féminines d'ici à 2010.
    Cette conférence sous régionale sur l'abandon des Mutilations Génitales Féminines, la 3ème du genre après celle du Caire et de Nairobi permettra à n'en pas douter d'aplanir certaines divergences des oulémas sur cette question, un consensus se dégagera à l'issue de ces assises.