Female Genital Mutilation   What is FGM FGM Strategy Current FGM Activities History FGM Partners Resources
 History   Asmara Conference 2008 Khartoum Workshop 2007 Bamako 2006 Djibouti 2005 Nairobi 2004 Cairo 2003 Initiatives in Europe

Libération

Media Coverage

Libération

Mercredi 22 février 2006

  • Au Mali, neuf femmes sur dix souffrent de mutilations genitale
     
    BAMAKO - Plus de 90% des femmes maliennes ont subi des mutilations sexuelles, indique mardi la députée européenne Emma Bonino lors d'une conférence sur cette coutume qui se révèle parfois mortelle. Le Mali, qui a signé l'an dernier le protocole de Maputo qui demande aux Etats d'interdire et de sanctionner les mutilations sexuelles féminines, a l'intention de rendre cette pratique illégale. "Ici au Mali, malgré un long combat, la mutilation touche plus de 90% des femmes", a déclaré Emma Bonino, élue du Parlement européen et fondatrice de l'ONG Pas de paix sans justice. "Le gouvernement et le parlement sont favorables à la mise en oeuvre du protocole de Maputo et d'une loi interdisant l'excision." Le Mali, pays musulman, est l'un des pays les plus pauvres au monde. Quelque 90% de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Une présentation faite lors de la conférence citait une enquête de 2001 montrant que 75% des femmes maliennes sont pour l'excision. D'où la nécessité d'une campagne préalable de "prise de conscience sur le terrain", comme l'a souligné Diallo M'bodji Sene, ministre malienne de la Promotion de la femme, des enfants et des familles. Selon l'Unicef, trois millions de filles et de femmes sont mutilées chaque année sur le continent africain. L'excision, connue aussi sous le nom de circoncision féminine, consiste en l'ablation du clitoris et d'autres parties de l'appareil génital féminin. De nombreuses praticiens de l'excision ne sont pas formés et utilisent des instruments non stérilisés.

 


 

Jeudi 2 mars 2006:

  • Un espoir en Afrique contre les mutilations... (Libération)
    A Bamako, huit pays de l'ouest du continent se sont engagés à légiférer pour interdire l'excision.
    par Alexandra SCHWARTZBROD
     
    La pratique de l'excision, ou de toute autre forme de mutilation génitale féminine, est peut-être en voie de régression en Afrique. Cette coutume, qui touche plus de 100 millions de femmes et d'enfants sur ce continent, avec des conséquences physiques et psychologiques graves et surtout irrémédiables, a été clairement condamnée la semaine dernière à Bamako (Mali), au cours d'une conférence sur le sujet organisée par le gouvernement du Mali et l'association No Peace Without Justice fondée par l'eurodéputée radicale Emma Bonino.
    Mieux même : le Mali, où plus de 90 % des femmes sont mutilées, s'est engagé à légiférer pour interdire l'excision conformément aux principes du protocole de Maputo. Et avec lui, les huit pays d'Afrique occidentale (Bénin, Burkina Faso, Sénégal, Togo, Niger, Mauritanie, Guinée Conakry) qui avaient envoyé des délégations à cette conférence. Adopté en juin 2003 par 53 pays, et entré en vigueur en novembre dernier grâce à l'obtention des 15 ratifications nécessaires, le protocole de Maputo prohibe explicitement la pratique des mutilations génitales féminines qu'il considère comme une violation des droits fondamentaux de la personne.
    «Les choses bougent un peu partout mais il ne faut pas relâcher la pression», nous a expliqué de Bamako Emma Bonino.
    «Le Bénin, par exemple, vient de voter une loi d'interdiction de ces pratiques mais maintenant il faut que celle-ci soit appliquée. Beaucoup de femmes, sur le terrain, se battent dans ce sens. Par ailleurs, il faut continuer la campagne visant à convaincre les pays de ratifier ce protocole de Maputo. Nos prochaines cibles sont le Niger et le Liberia... Il ne faut pas oublier que près d'une trentaine de pays pratiquent encore l'excision en Afrique, mais aussi en Egypte, au Yémen, à Oman...»
    La députée européenne a profité de la conférence pour visiter, près de Bamako, un village qui a déjà renoncé à mutiler les femmes.
    «L'entrée dans l'adolescence s'y célèbre désormais avec une fête mais sans excision. Les fers de l'intervention sont consignés chez le chef du village. Cela s'est fait grâce à l'activisme des associations maliennes qui ont contacté des garçons et des filles au niveau de l'école. Le professeur est allé parler au chef et aux femmes du village qui ont accepté d'abandonner cette coutume. Les autorités religieuses, musulmanes, n'ont pas protesté.»
    Le plus gros frein à l'arrêt de ces pratiques ? «Ce n'est même pas qu'il y ait une opposition organisée, c'est le mur du silence.»